Une première expérience avec le SPIP (Service pénitentiaire d'insertion et de probation) de l'Essonne avait eu lieu en juin et juillet 2008. Nous avons souhaité réitérer l'expérience, en menant une réflexion sur les modalités d'intervention les plus pertinentes en milieu carcéral.
Répartis sur 12 séances étalées sur 6 semaines, ces ateliers ont été réalisés à la Maison d'arrêt de Fleury Mérogis. Inspirés des ateliers-débats menés en milieu scolaire, ils proposaient une initiation aux analyses de la diversité culturelle. A chaque séance, nous diffusions des extraits de films (documentaires et fictions) présentant tant des sociétés lointaines que des faits sociaux de notre propre société, et soumettions un aspect de la diversité culturelle au débat. Quelques thèmes abordés : les Inuit et l'adaptation à un milieu extrême, la « malbouffe » comme symptôme des sociétés individualistes, les favelas et la résistance à la l'oppression par les pratiques culturelles, l'organisation familiale et les rapports hommes-femmes...
Ces ateliers se sont déroulés du lundi 9 novembre au jeudi 17 décembre 2009, à raison de 2 séances de 2h par semaine. Les participants n'ont pu assister à toutes les séances pour des raisons diverses : sortie de prison, soucis liés à l'organisation du milieu carcéral (parfois, les détenus n'étaient pas prévenus du déroulement de la séance par les surveillants...), interférence avec d'autres activités (arts plastiques, sport, promenade... mais aussi infirmerie, parloirs, rencontre avec l'avocat...) Les participants ont toutefois fait preuve d'assiduité et manifesté un réel intérêt pour les sujets proposés. Ils ont tous participé au débat et cherché à étayer leurs points de vue par l'argumentation. Une atmosphère de convivialité s'est progressivement instaurée, ce qui a favorisé le respect des opinions divergentes. Régulièrement, les détenus ont établi des parallèles entre les situations analysées et leur propre vécu en milieu carcéral. Il était initialement prévu que l'atelier donne lieu à une production écrite, mais l'idée a finalement été abandonnée à la demande des participants (ils ont exprimé leur souhait que l'atelier prenne la forme d'un débat d'idées oral et convivial.) Par ailleurs, la difficulté à avoir d'une séance sur l'autre un groupe homogène et stable nous a confortés dans cette décision.
Une évaluation a été réalisée en fin de cycle. Les ateliers ont été appréciés dans leur ensemble. Leur fréquence a été jugée satisfaisante. Son dispositif (projection + débat) a été également apprécié, les participants mettant en avant leur intérêt pour un espace d'échange libre, respectueux et exigeant en matière de contenu (ce qui est suffisamment rare en milieu carcéral pour être souligné). Sur 6 personnes interrogées, 5 se disaient volontaires pour poursuivre les ateliers.
Au cours de ces 12 séances d'atelier-débat, nous avons travaillé avec 10 détenus différents, avec une fréquentation moyenne de 6 détenus par atelier. Soit une fréquentation de 60 détenus (24 heures)
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