La Biodiversité aux prismes des sciences sociales

Au cours de l'année scolaire 2010-2011, ethnoArt a proposé à différents publics de découvrir les apports des sciences humaines et sociales dans le domaine de la biologie et des savoirs diversifiés sur l'environnement naturel. 40h d'ateliers-débats ont été menées auprès de 13 classes et 16h d'enquête de terrain auprès d'un groupe de 10 collégiens.

« A la découverte des agricultures du monde. »

3 séances de 2 heures avec une classe de cinquième

Le collège Michelet de Saint-Ouen (93) avait un projet pédagogique qui s’articulait autour des agricultures du monde. Ce projet se ponctuait par un séjour de fin d’année aux Amanins, lieu de découverte d’une approche écologique de l’agriculture.

Il s’agissait alors de proposer des interventions en amont de cette visite afin de les sensibiliser à la démarche et de resituer « l’agriculture biologique » dans un contexte socio-culturel particulier. Comment en effet préparer les élèves à ce séjour quand la simple évocation du mot « bio » les fait doucement sourire ?

Pour aborder cette question, Via le monde (CG 93) a mis en relation l’enseignante de français porteuse du projet, l’association Starting Block et Ethnoart. Ensemble, nous avons conçu le contenu pédagogique de 6 séances de 2 heures.

Les deux premières séances, assurées par ethnoArt, consistaient à interroger nos pratiques alimentaires en les comparant avec celles d’autres sociétés.

Startinck block, association sensibilisant aux relations Nord/Sud et aux questions environnementales, a ensuite mené trois séances sur les différentes formes d’agriculture.

Enfin, ethnoArt a assuré la séance conclusive. Nous avons interrogé notre lien à la nourriture et à l’agriculture, via une réflexion plus large sur la relation « homme/nature ».

Ce projet a reçu le 1er prix du plus beau carnet de voyage de l’édition Odyssée Jeunes 2010/2011. 

« Des abeilles et des hommes »

2 séances de 2 heures, avec 4 classes :

-          Un CE2 de l’école Victor Hugo, Saint Ouen

      -          Un CM1 de l’école Anatole France, Saint Ouen

      -          Un CM1/CM2 de l’école Victor Hugo

      -          Une classe de l’IME de Saint Ouen

ATLAS, association municipale de Saint Ouen dédiée à la transmission de la culture scientifique auprès d’un public scolaire, souhaitait mener un projet sur les abeilles. Ce projet comprenait la visite du rucher de Saint Ouen et plus largement la découverte du monde des abeilles. Nous avons été sollicité afin de compléter l’approche biologique par une approche ethnologique. Il ne s’agissait pas seulement de comprendre comment vivent les abeilles, mais de découvrir les diverses façons dont elles prennent place dans les sociétés humaines : défendre, attaquer, soigner, manger, honorer les dieux… 

A travers deux séances qui venaient clore la découverte du monde des abeilles, c’est l’importance de celles-ci dans de nombreuses sociétés humaines, y compris la notre, et par là même la responsabilité particulière des humains dans leur devenir, qui étaient interrogées.

Il s’agissait en effet d’aborder plus largement la relation que notre société entretient avec le monde animal.

Il nous semble intéressant de noter que parmi les quatre classes de primaire, l’une provenait d’un Institut Medical Educatif accueillant des enfants avec divers handicaps psychiques. La valorisation des différentes façons de faire et de penser, propres à l’approche ethnologique, semble avoir eu un écho particulier chez ses enfants.

« Dis moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es »

2 séances de 2 heures avec 3 classes de primaire (CE2, CM1 & CM2) du groupe scolaire Jules Vallès, Aubervilliers.

Par l’intermédiaire d’un coordinateur de secteur de l’Education nationale, nous sommes intervenus dans trois classes d’une école hors périmètre ZEP d’Aubervilliers. La proposition concernait une « mise en débat » de notre relation à la nature à partir d’une prise de conscience des différentes façons de manger. Suite aux différents échanges avec les enseignants, nous avons décidé de recentrer l’intervention autour de la question de la diversité des modes d’éducation aux pratiques alimentaires. Qui nous apprend à manger? Question qui a permis une réflexion plus large sur la diversité des lieux d’éducation (famille, média, ami et école) et les modes de transmission (formelle écrit/informelle oral).

Les trois enseignants ont particulièrement apprécié l’approche proposée et le choix d’aborder des questions complexes (les finalités de l’éducation et la diversité de ces modes de transmission) en partant d’une activité très concrète : manger.

« Manger et se nourrir : ici et ailleurs »

5 séances de 2 heures avec 5 Classes de collège (générales et SEGPA) dans des établissements du 95 :

à Cergy une classe de 4éme SEGPA collège du Moulin à Vent

à Cergy un classe au collège Les Explorateurs,

à Ecouen deux troisième SEGPA (24 elèves) collège Jean Bullant,

à Garges une classe de 6éme collège Paul Eluart,

à Menucourt une classe au collège La Taillette.


La proposition concernait une mise en débat de notre relation aux pratiques alimentaires à partir d’un détour par des exemples de sociétés et cultures diverses afin d’observer différentes façons de manger, différentes manières de concevoir les sociabilités autour des repas ainsi qu’une mise en perspective de la diversité des goûts, sens culturellement construit. Cela a permis aux élèves de réfléchir à leurs propres pratiques et de nombreux échanges constructifs ont eu lieu au sein des classes, notamment grâce au visionnage de différents extraits de fictions et documentaires.  

Atelier-enquête de terrain : « Quelle est la vie d’un aliment ? »

Au collège Modigliani, dans le 15ème arrondissement de Paris, il existe depuis maintenant 4 ans un atelier « gourmandise ». L’association Ethnoart est donc intervenue auprès de la bibliothécaire qui anime cet atelier pour proposer aux élèves de mener une enquête sur « la vie de certains aliments » : la tomate, le riz, le café … Chaque élève a choisi son aliment.

Nous les accompagnions dans leurs recherches en leur fournissant des outils méthodologiques et des ressources pédagogiques visant à interroger les relations commerciales, les tabous alimentaires, les enjeux économiques et sociaux…

Nous avons par exemple introduit les séances par la projection du film brésilien L’île aux fleurs, qui retrace le parcours d’une tomate : « C’est l’histoire d’un homme qui cultive des tomates, d’une femme qui travaille pour en manger, et de pauvres gens qui passent après les cochons pour pouvoir manger celle que la dame n’a pas voulu. » résume Stanilas. A partir de ce documentaire militant et sarcastique, les élèves ont défini les étapes de l’itinéraire de vie d’un aliment et construit ainsi le fil de leur enquête. Produire, transporter et transformer, vendre et consommer puis recycler : Il s’agissait en effet non seulement de découvrir les relations humaines possibles avec cet aliment, mais aussi les relations entre les humains.

Lors de la dernière séance, les élèves ont exposé leur recherche devant un public averti et curieux: les professeurs. « C’est un grand plaisir pour les élèves de pouvoir apprendre des choses à leur enseignants », souligne la bibliothécaire.

L’expérience sera reconduite mais sous une autre forme. L’année prochaine, nous avons décidé de mener l’enquête au sein de leur propre famille à propos des repas exceptionnels : Noël, anniversaire ….