Déconstruire les stéréotypes

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Les stéréotypes sont « des croyances partagées concernant les caractéristiques personnelles, généralement des traits de personnalité, mais souvent aussi des comportements, d’un groupe de personnes. »[1] Par exemple, les Ecossais sont avares, les Allemands sont rigoureux, les fonctionnaires sont fainéants... Ces croyances peuvent également concerner des caractéristiques physiques ou intellectuelles : les Portugais sont poilus, les Noirs ont le sens du rythme, les blondes sont bêtes…

Le stéréotype procède par généralisation, simplification et systématisation abusives. On constitue des individus en groupe sur la base d’une similitude dont on exagère l’importance (le sexe, la couleur de la peau, la couleur des cheveux, la nationalité, l’origine, la profession…). On associe de façon mécanique des caractéristiques aux membres du groupe ainsi constitué. Ces individus sont alors perçus comme identiques. On utilisera même dans certains cas le singulier pour désigner l’appartenance au groupe. On parlera par exemple de la femme en soulignant sa faiblesse physique, son émotivité, sa loquacité ou son incompétence à conduire.

Le stéréotype peut être tellement incorporé qu’on ne prendra même plus la peine de l’expliciter. Ainsi, certaines personnes utilisent des expressions telles que « Tu es un vrai juif » ou « Arrête de faire ta blonde » pour dire à quelqu’un qu’il fait preuve d’avarice ou de bêtise. Dans le même esprit, l’expression « du travail d’Arabe » désignant une tâche mal réalisée s’appuie sur le stéréotype colonial toujours prégnant de « l’Arabe feignant et fourbe ».

On distingue en psychologie sociale le stéréotype du préjugé en considérant ce dernier comme « une attitude comportant une dimension évaluative à l’égard d’un groupe social donné. » Recourir au préjugé consiste à porter un jugement sur un individu ou un groupe et à agir à son égard en fonction de ces considérations. Les préjugés sont donc fondés sur des stéréotypes. En fonction des croyances que l’on a sur un groupe, nous adoptons une attitude plus ou moins aimable, ouverte et compréhensive à l’égard de ses membres.

Précisons que stéréotypes et préjugés ne sont pas nécessairement négatifs, et qu’un même groupe peut être l’objet de différentes croyances. Ainsi, certaines personnes perçoivent les Gitans comme des voleurs et des « parasites » ce qui génère de leur part des attitudes défensives marquées par l’agressivité et la méfiance. D’autres, au contraire, mettent en avant une vision idéalisée mais tout aussi stéréotypée de cette communauté en exaltant sa liberté et son sens de la fête. Dans les deux cas, le Gitan est « mythifié », et la subjectivité des membres du groupe effacée au profit d’une culture homogène et globalisante.

[1] Jean-Philippe Leyens, Vincent Yzerbyt et Georges Schadron (1996). Les citations de ce chapitre sont extraites du site www.prejuges-stereotypes.net, réalisé par une équipe de psychosociologues.

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